LA WAF COMPANY ® - Sylvain WUATTIER, éducateur canin
Comportement canin

Est-ce que je rends mon chien heureux ?

Quel maître ne s’est déjà pas posé cette question ?! Pour vous aider à y répondre, il faut tourner la question autrement. La question en réalité est : “Est-ce que je comble tous les besoins de mon chien ?”. Voici donc un petit article qui vous permettra de vous situer et de répondre à la question finale : est-ce que je rends mon chien heureux ?!

Les chiens ont plusieurs types de besoins et c’est au regard de ces besoins satisfaits ou non, que nous pouvons savoir si notre chien est “heureux”.
Les besoins basiques sont les besoins à satisfaire en priorité. Ils permettent de répondre à la question “mon chien est-il en bonne santé physique ?”. Il n’est pas encore question du bonheur, mais disons que l’on commence par la base !
Ensuite viennent les besoins psychologiques, liés au fait que le chien… est un chien ! La prise en compte de ces besoins liés à la psychologie canine permet de répondre à la question “mon chien est-il équilibré et en bonne santé mentale ?”, ce qui est assez important, il faut bien l’admettre !
Viennent enfin les besoins d’épanouissement : ce sont les derniers besoins à satisfaire. Et c’est alors que l’on peut répondre à la fameuse question… “mon chien est-il heureux ?”

Dans ces 3 grandes catégories, nous allons en fait avoir 6 besoins. Les voici classés par ordre d’importance :

  • Besoins physiologiques
  • Besoin de sécurité
  • Besoin d’interactions sociales
  • Besoin d’estime
  • Besoin d’activité
  • Besoin d’utilité

Remarquez déjà à ce stade que les besoins d’interactions sociales (avec les congénères) viennent bien avant l’exercice / les activités physiques… cela laisse songeur si l’on pense à tous les maîtres qui ne présentent aucun copain à leur chien…

LES BESOINS BASIQUES : la santé physique.

1. Les besoins physiologiques

En premier lieu, votre chien a des besoins physiologiques : manger, boire, respirer, dormir. Ce sont des besoins vitaux, liés à la survie.
En pratique, cela veut dire ?

  • Je lui donne à manger en quantité suffisante
  • Je lui renouvelle sa gamelle d’eau fraîche plusieurs fois par jours (si vous ne le faites pas, un “biofilm” de bactéries se crée en surface, cela fait une fine pellicule, vous verrez…)
  • Je lui permet de faire ses besoins (on ne demande pas à un chiot de se retenir 8h !)
  • Je le laisser dormir (au moins 8h par jour) dans un endroit tranquille, sans le réveiller (c’est ce qui lui permet d’assimiler les apprentissages)

2. Le besoin de sécurité

Parmi ces besoins basiques, il y a également un besoin de sécurité : l’insécurité est facteur de stress chez le chien, il est donc primordial de le protéger contre les différents dangers, et de le faire évoluer dans un environnement stable. N’oubliez pas que les chiens sont des éponges : ils sont très sensibles à leur environnement. Un chien vivant dans une maison “calme” aura naturellement tendance à être calme. Un chien vivant dans une maison ou les gens crient ou font preuve de violence par leurs gestes sera stressé et risque de développer un comportement indésirable.
En pratique, cela veut dire ?

  • je lui aménage un endroit calme pour dormir où il se sent en sécurité
  • je le fais évoluer dans un environnement stable, non anxiogène
  • je l’abrite en cas d’intempéries / je le protège / je le soigne
LES BESOINS PSYCHOLOGIQUES : la santé mentale.

3. Le besoin d’interactions sociales

Parmi les besoins psychologiques, le plus important est le besoin d’interactions sociales. Et il faut ici entendre des interactions avec des chiens et avec des humains. Le chien est un animal social qui a besoin de sentir qu’il appartient à un groupe. Cela le rend heureux. Laisser seul son chien dans son jardin ne comble absolument pas ses besoins : il a besoin d’être avec un “groupe”.

Plus vous intégrerez votre chien à votre vie, plus il y aura de connexion entre vous. C’est notamment le fait de partager des bons moments AVEC votre chien qui fera de vous un bon référent à ses yeux.

En pratique, cela veut dire ?

  • je le fait interagir régulièrement et de manière positive avec des congénères, connus ET inconnus,
  • je le laisse jouer avec d’autre chiens, communiquer, renifler,
  • je l’emmène avec moi lorsque je vais dans les lieux publics, je le laisse voir d’autres personnes, des amis
  • d’une manière générale, je l’intègre le plus possible à ma vie : mes bons moments (pique-nique entre amis, jeux) ou mon travail.

4. Le besoin d’estime
Le second besoin psychologique est le besoin d’estime. Ici il s’agit d’avoir une relation basée sur le respect et la confiance. Vous devez respectez votre chien en tant que chien. Sans antropomorphisme. Un chien aura plus besoin de savoir que vous êtes attentifs à ce qu’il propose en tant que chien (un assis, une belle marche au pied) que d’un brushing ou de vernis chez le toiletteur. Portez de l’attention à votre chien en le félicitant, même pour des choses “évidentes”, vous renforcez ainsi votre complicité.
En pratique, cela veut dire ?

  • je prête de l’attention à mon chien (en ballade, chez des amis, à domicile)
  • je ne le considère ni comme un objet, ni comme un enfant
  • je valorise ses bons comportements (caresse, récompense, petit mot de félicitation)
LES BESOINS D’ÉPANOUISSEMENT : le bien-être animal, le bonheur.

5. Le besoin d’activités

Pour être épanouis, un chien doit avoir des activités quotidiennes. Ces activités peuvent être physiques (promenade, marche, course, cani-cross, cani-vtt, etc.), intellectuelles (jeux de réflexion, recherche d’objets, éducation canine, etc.), masticatoires (mâcher des jouets, des cordes…), vocales (aboiements), sexuelles (reproduction). Certaines études montrent que le chien a besoin de 3h à 5h d’activités par jour…

6. Le sentiment d’utilité / le besoin de travailler

Dans l’idéal, votre chien doit aussi se sentir utile. Si ce besoin d’utilité est comblé (ainsi que tous les précédant besoins), alors vous avez un chien HEU-REUX ! Cette utilité peut prendre différentes formes et il y a souvent un lien avec la race (et leurs prédispositions) : chiens de secours, de chasse, de troupeaux. Mais pas seulement.
Par exemple Mamba travaille avec moi : réguler des autres chiens est son travail, m’accompagner, faire des démonstrations d’obéissance, prendre la voiture avec moi, attendre dans la voiture parfois, tout ceci est son travail. Et vu sa façon de se dandiner l’arrière train à la seule évocation de l’expression “on va au travail”, travailler est pour elle quelque chose de formidable et de positif !

En pratique, cela veut dire ?

  • je promène mon chien tous les jours (le mettre dans le jardin n’est pas une promenade)
  • je le fais ‘réfléchir’ avec des petites activités telles que : lui apprendre le nom de ses jouets, lui faire chercher des jouets ou des récompenses (olfaction)…
  • je pratique si possible (et si sa taille et sa condition physique le permettent) des activités sportives ou de réflexion avec mon chien

… et si vous avez la chance de travailler avec votre chien, alors vous êtes le plus heureux des maîtres !

CONCLUSION

Voilà, vous avez toutes les clés en main ! Dans l’absolu, tous ces besoins doivent être comblés pour que votre chien soit heureux. S’il vous manque des “cases”, vous savez désormais quels sont les points à améliorer ! 

Amicalement,
Sylvain.

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